Too many rooms, too many views at the Eden Hotel.

1. Eden Hotel. Introduction

  • type: Article
  • ref: DOC.2021.266
  • Date begin: November 1 2019

Since 2013, the Hotel Eden in Geneva is the neighbour of an imposing Campus that is dedicated to biotechnology, housing the projects Blue Brain and Human Brain (the last one endowed with a European subsidy of 1 milliard euros). Their joined goals are the cartography of the brain and the creation of a synthetic brain through the simulation of the cerebral functions.
Against the background play violent criticism of the international scientific community, the global race in Artificial Intelligence (A.I.) and the dream to commission an artificial human brain.
The research is backed by the hypothesis of a relation between an ecosystem and an artificial life. It is based on the book “Métamorphoses de l’intelligence – Que faire de leur cerveau bleu?” (2017, PUF) in which philosopher Catherine Malabou exposes the challenge to initiate the relation between the living and the non-living in another adventure than the outdated
one of their difference.
Firstly, it involves formulating a criticism of the current representations (images, narratives) of our relations with the A.I. Secondly, the researchers, in a dynamic residence, study the projection of this brain on the Geneva neighbourhood of Sécheron (the space and its users). The challenge is to reveal a phantom as well as addressing a state of affairs of our relation to that fabrication. The notion of belief insinuated in the research needs to be examined – belief in a return of investment, belief in an apparition ... The Hotel Eden (both hotel and Eden), as intermediary, will orientate the research from the point of view of its structure and the treatment of the in situ investigations. In collaboration with the option Urban Space at ENSAV La Cambre, the project envisages the production of an exhibition and publications, in a crossover with science, urban planning, economy, tourism and art.

2. Eden Hotel. Synthesis

  • type: Article
  • ref: DOC.2021.267
  • Creation date: February 1 2019

 La recherche est port.e par l'hypothèse de rendre compte des prémices d'une relation entre un écosystème et une vie artificielle. Elle s'appuie sur le livre "Métamorphoses de l’intelligence – Que faire de leur cerveau bleu?" (2017, PUF), dans lequel son auteure, la philosophe Catherine Malabou, expose le défi d'engager la relation du vivant au non-vivant dans une autre aventure que celle, dépassée, de leur différence.
Le domaine de l’Intelligence Artificielle a la réputation de surévaluer ses progrès. Au cours des Hivers de l’IA de la fin des années 1970 et 1980, l’échec dans la réalisation de promesses ambitieuses a entraîné un effondrement du financement et de l’intérêt pour l’IA. Bien que le domaine soit en train de renaître, la confiance excessive reste une crainte majeure. En revanche, les chercheurs s’accordent largement pour dire que l’IA commencera probablement a surpassé l’homme dans la plupart des tâches cognitives dans ce siècle. Le premier axe de la recherche est centré sur l'examen et la critique des représentations (images, récits) de nos relations a l'IA: ce qu'on nous montre et ce qui demeure invisible. La période examinée est centrée sur les années 2000 et la recherche est dirigée vers des supports médiatiques: web, réseaux sociaux, presse généraliste et spécialisée, publications scientifiques... Au registre des
tendances on notera : le recours a la projection de machines dans nos vies (véhicules autonomes, robots dans les services gériatriques...) et le plaquage excessif d'images empruntées à la science-fiction. Il s'agit de collecter, de déterminer le rapport de mécanismes intérieurs au visible, puis de formuler des définitions.
Le second axe est ancré dans l'espace urbain. Depuis 2013, l'Hotel Eden de Genève a un voisin particulier dont l'architecture de verre fait de l'ombre a sa façade ouest. Il s'agit d'un imposant Campus dédié aux biotechnologies qui abrite les projets Blue Brain et Human Brain. Leurs buts conjoints concernent la cartographie du cerveau humain et la création d'un cerveau synthétique par la simulation des fonctions cérébrales. En toile de fond, de violentes critiques de la communauté scientifique internationale, la course mondiale a l’IA, des désirs transhumanistes et le rêve de la mise en marche du premier cerveau humain artificiel. Il est aujourd’hui probable qu’un cerveau humain non-vivant soit simulé en Suisse. Il est aussi probable que cela ne se produise pas : pas là mais ailleurs, ou jamais là ni jamais ailleurs. Il y a un enjeu artistique, une position a prendre : se trouver . avant ., faire . d’avant . une situation
qui n’est en principe qu’incertaine; une chimère dans laquelle l’Union Européenne investit 1 milliard d’Euros (dans le Human Brain Project sur 10 années entre 2013 et 2023). Les projets suisses polarisent des ressources, ils occasionnent des attractions et des interactions géographiques : ils laissent des empreintes sur le quartier Sécheron de Genève. Des chercheurs, associés dans une dynamique de résidence, examineront la projection de la fabrication de ce cerveau sur le quartier genevois. Les modalités d’approche (orient.es vers la production d’images et de récits) seront tournées d’une part vers le territoire (anatomie, physiologie urbain...), d’autre part vers ses usagers (rumeurs, attentes, fantasmes...), avec une attention au voisinage d'organisations mondiales (OMC, UNICEF, ONU...). L'enjeu est de faire apparaître une chimère au travers de perspectives croisées tout en dressant un état des lieux de notre rapport à l'émergence d'une intelligence.
La recherche se fera en collaboration avec l'option Espace Urbain de l'ENSAV La Cambre. Elle est dirigée vers la production d'une exposition et de publications, relais d’expériences multiples qui croisent avec la science, l’urbanisme, l'économie, le tourisme et l'art. Il conviendra de trouver une place à la notion de croyance insinuée dans la recherche: croyance dans un retour sur investissement, croyance dans une apparition... L'Hotel Eden (rebaptisé Eden Hotel pour la recherche) tout autant hotel et Eden, en qualité d'intermédiaire prémonitoire, orientera la recherche du point de vue de sa structure et du traitement des investigations in situ.